FAST & FURIOUS 8 de F. Gary Gray (2017)

Affiche du film Fast & Furious 8
Fa(s)t Dom entraîne les siens dans une nouvelle mission impossible motorisée avant de les trahir. Son équipe, incrédule et vraiment Furious, se lance à sa poursuite, bien décidée à comprendre la raison qui l’a poussé à quitter la famille.
Avec son début à Cuba à base de culasses et de culs haut perchés sous des mini-jupes, ce huitième épisode fait d’abord craindre le pire. Mais, plus réussi que Fast & Furious 7 qui frôlait la sortie de route pour tenter de rendre cohérent l’hommage au défunt Paul Walker, cette huitième aventure renoue avec l’esprit feuilletonnesque qui faisait le charme de Fast & Furious 6 tout en continuant d’enchaîner les cascades délirantes à la manière d’un dessin animé.
L’évasion musclée d’une prison ou la folle échappée de voitures zombies dans les rues de New York comptent parmi les meilleurs moments d’un récit un peu indigeste lorsqu’il nous gratifie des assommantes considérations familiales de chacun des protagonistes.
Heureusement que le casting continue de s’étoffer et que les acteurs ont visiblement l’air de s’amuser. Du moins quand Vin n’est pas là. Dwayne Johnson (dont c’est vraisemblablement le dernier tour de piste) ne s’adresse d’ailleurs jamais à lui, hormis lors d’un bref échange téléphonique. Il faut dire que monsieur Diesel, à défaut de mouiller sa chemise comme le reste de ses compagnons, préfère mettre les gaz bien calé au fond de son auto ou discuter pépère de ses affres de père en compagnie de la perverse Charlize Theron. Un manque de vélocité qui laisse à penser que les grâces qu’il impose avant chaque banquet familial lui sont aussi tombées sur le ventre. Ventre qui commence à s’arrondir sous le marcel.
Pas de quoi mettre à la casse cette franchise qui semble en avoir encore sous le capot.

Cliquez ici pour voir la bande annonce.

Haut de la page d’accueil

A BITTERSWEET LIFE de Kim Jee-Woon (2006)

Affiche du film A bittersweet life
Sunwoo, un gangster aussi redoutable qu’élégant, est l’homme de confiance d’un impitoyable chef de la mafia qui lui demande de surveiller, pendant son absence, sa jeune maîtresse qu’il soupçonne d’avoir un amant.
Après 2 sœurs, surprenant drame horrifique, Kim Jee-Woon s’attaque au polar (genre en vogue dans le cinéma Coréen de Sympathy for Mister Vengeance à Memories of Murder) et marque A Bittersweet Life de sa patte.
On y retrouve sa mise en scène raffinée ponctuée d’éclats de violence qu’il marie, cette fois, à une ambiance nocturne et citadine. Une atmosphère qui n’est pas sans évoquer Le Samouraï de Jean-Pierre Melville, d’autant que l’interprétation avenante et taciturne de Byung-Hun Lee rappelle un peu celle d’Alain Delon.
La comparaison s’arrête là, le scénario – mal conçu et parfois confus – desservant assez rapidement un film dont le point d’orgue tombe bizarrement en plein milieu du récit, lors d’un enterrement pluvieux et d’un hallucinant affrontement à mains nues digne de Old Boy.
Le soufflé a ensuite tendance à retomber pour sombrer dans un banal règlement de compte sanglant qui lorgne du côté du Scarface de Brian De Palma, en moins réussi. Cet exercice de style racé et glacé, aux multiples références, aurait été bien inspiré d’exploiter davantage son humour décalé, bien plus efficace pour marquer les esprits que cette suite de fusillades aigres-douces au goût de déjà-vu.

Cliquez ici pour voir la bande annonce.

Haut de la page d’accueil

SPLIT de M. Night Shyamalan (2017)

Affiche du film Split
Trois adolescentes sont enlevées et séquestrées par un étrange individu nommé Kevin. Un homme d’autant plus imprévisible que 24 personnalités cohabitent en lui.
Après plusieurs années d’errance cinématographique, M. Night Shyamalan revient à ses fondamentaux et raccroche les wagons, au propre comme au figuré, avec le début de sa filmographie. Pour Split, il renoue avec le huis clos angoissant, déjà abordé dans Signes, qu’il explore cette fois par le biais d’un trouble mental particulier qui touche le kidnappeur : celui du trouble dissociatif de l’identité. Une pathologie que le cinéaste, grand amateur de théories fumeuses, présente comme le début d’une possible évolution de la race humaine. Une hypothèse et un scénario malin, à base de maltraitance enfantine, qui sont surtout prétexte à un fantastique numéro d’acteur. James McAvoy porte le film sur ses épaules et donne au personnage de Kevin une ambiguïté vraiment terrifiante. Une prestation d’autant plus efficace qu’elle ne repose finalement que sur la finesse de son jeu.
Affiche américaine du film Split Dommage que le cinéaste gâche un peu la performance dans le dernier quart d’heure de son film par l’utilisation d’effets un peu trop appuyés. Heureusement, la dernière scène ouvre d’intéressantes perspectives, inscrivant Split dans un projet plus ambitieux que M. Night Shyamalan, en avance sur son époque, avait dû abandonner au début de sa carrière faute de succès.
A mi-chemin entre Psychose et Shining, Split a en tous cas le mérite de renouer avec la figure du plus effrayant des monstres de cinéma, celui à visage humain.

Cliquez ici pour voir la bande annonce.

Haut de la page d’accueil

CHEZ NOUS de Lucas Belvaux (2017)

Affiche du film Chez nous
Pauline est infirmière à domicile à Hénard, commune du Pas-de-Calais.
Appréciée de tous ses patients, elle vit seule avec ses deux enfants et s’occupe de son père malade. Désireux de profiter de sa popularité, les dirigeants d’un parti d’extrême droite entrent en contact avec elle et lui propose d’être leur candidate aux prochaines municipales.
Cinéaste engagé sans être militant, Lucas Belvaux continue courageusement de labourer le sillon d’un cinéma politique et social, ancré dans le quotidien.
Avec Chez nous, il se penche sur la montée de l’extrême droite et sur ses méthodes de séduction au cœur d’une France exaspérée par la précarité et le chômage. A travers le parcours de son héroïne, il décrit le basculement d’une jeune femme altruiste peu à peu séduite par une rhétorique identitaire à la fibre sociale bien rodée et aux termes choisis : on explique aux militants qu’il est préférable d’utiliser le terme de « racailles » plutôt que celui de « bougnoules » lorsqu’ils s’expriment devant les médias. Un discours insidieux, faussement proche des gens, qui se nourrit des peurs et des frustrations. Des méthodes sectaires, portées par des professionnels de la communication, reposant avant tout sur le mensonge et la dissimulation.
Si la démonstration du cinéaste se perd un peu dans les amours de l’infirmière avec (comme par hasard) un extrémiste au passé trouble, elle n’en reste pas moins efficace quand elle pose clairement les dangers d’un discours haineux servi par des populistes bon teint qui se présentent comme le dernier recours face à un chaos qu’ils organisent.
Un sombre constat – le film débute sur une ville déserte au petit jour et se termine sur cette même ville morte à la tombée de la nuit – qui donne à réfléchir même s’il n’apporte pas de solutions. Glaçant mais nécessaire pour tenter de réveiller les consciences.

Cliquez ici pour voir la bande annonce.

Haut de la page d’accueil

JOHN WICK 2 de Chad Stahelski (2017)

Affiche du film John Wick 2
Maintenant qu’il est sorti de sa retraite volontaire, l’implacable John Wick se voit contraint d’honorer une dette envers un ancien associé.
Au risque de se mettre à dos une confrérie de tueurs internationaux, il prend la direction de Rome pour y administrer ses derniers sacrements….
Après l’ébouriffant exercice de style qu’était John Wick, la suite de ses aventures se devait d’être à la hauteur, voire de le surpasser. Pari relevé par l’un des réalisateurs du premier opus qui entre, dès la première scène, dans le vif du sujet pied au plancher.
Fidèle au cahier des charges, Chad Stahelski enchaîne les scènes d’action virtuoses et chorégraphie à nouveau de longues scènes de combats rapprochés au couteau ou à l’arme de poing, les fameux « Gun-Fu », qui avaient fait le succès du premier film. Une fluidité et une élégance dans la mise en scène assez rare pour ce genre de film d’action trop souvent abonné aux caméras secouées et au montage saccadé. Même si, à trop vouloir nous en mettre plein la vue, le réalisateur se perd un peu dans ses affrontements répétitifs heureusement non dénués d’humour.
Saluons également la bonne idée du cinéaste d’approfondir l’intrigant univers de la pègre ébauché dans le premier film, avec sa galerie de tueurs impitoyables soumis à des règles de bonne conduite qu’ils ne doivent surtout pas transgresser.
Dans le rôle-titre, Keanu Reeves – froid félin flinguant – impressionne toujours autant. Et c’est un plaisir que de retrouver à ses côtés d’anciens survivants du film précédent : Ian McShane, Lance Reddick ou John Leguizamo.
Finalement, à part la sympathique apparition de Franco Nero (le Django de 1966), ce sont plutôt les nouveaux venus qui déçoivent. Laurence Fishburne n’apporte pas grand-chose à l’intrigue et Riccardo Scamarcio compose un méchant bien fade à côté de celui qu’interprétait Michael Nyqvist. « Plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film » disait Hitchcock, un conseil avisé que Chad Stahelski serait bien inspiré de suivre s’il veut terminer sa trilogie en beauté.
Quoiqu’il en soit, même plus prévisible, John Wick 2 reste un spectacle efficace qui ne démérite pas. Vivement la suite…

Cliquez ici pour voir la bande annonce.

Haut de la page d’accueil.

BLANCHE de Walerian Borowczyk (1972)

Affiche du film Blanche
En France, au XIIIème siècle. Un vieux seigneur veille jalousement sur Blanche, sa jeune épouse, sans se rendre compte que son propre fils en est amoureux. De passage au château, le roi et son page tentent, tour à tour, de séduire la belle, déclenchant le courroux du seigneur et de son fils.
Surprenant et déroutant, Blanche propose une autre approche du film médiéval. Une vision du Moyen-Âge moins clinquante et bien loin des standards des grosses productions hollywoodiennes mais, certainement, plus plausible. Le soin minutieux porté à chaque décor, costume et accessoire participe pour beaucoup au rendu authentique de cette fresque tragique aussi violente qu’intimiste.
S’inspirant d’enluminures ou de tableaux médiévaux, dont il retrouve l’esthétique et la distanciation, Borowczyk compose chacun de ses plans avec une extrême méticulosité et travaille parfaitement ses ambiances, de l’austérité grisâtre du château à la verdure des forêts.
Il expérimente des cadres dans le cadre et juxtapose par petites touches ses images, créant une sorte de tapisserie cinématographique ponctuée de musiques et de chants anciens.
Rien n’est laissé au hasard. De la symbolique des objets et des animaux aux thèmes qui traverseront toute la filmographie du cinéaste. L’innocence féminine souillée par les désirs de l’homme. La pureté considérée comme suspecte et accusée de tous les maux/mots.
Son goût pour la satire y est également présent, notamment religieuse avec ses moines guerriers – aux armes surprenantes – plus intéressés par la bonne chair que par le prêche en chaire.
Finalement, comme souvent chez Borowczyk, seul le jeu des acteurs laisse un peu à désirer. Encore qu’ici les interprétations de Michel Simon, Georges Wilson, Jacques Perrin et Lawrence Trimble ne manquent pas de charme. Tandis que dans le rôle-titre, Ligia Branice, compagne et égérie du cinéaste, impose, contre toute attente, son étrange jeu atone et ses yeux expressifs.
Blanche est un film rare, sans doute le plus personnel de l’inclassable Walerian Borowczyk.

Coffret collector Borowczyk
Dans le cadre de la rétrospective Borowczyk qui aura lieu au centre Pompidou – du 24 février au 19 mars 2017 – Carlotta édite à partir du 22 février 2017 un superbe coffret collector DVD et Blu-ray reprenant certains de ses films (et courts métrages) les plus emblématiques.
Des copies entièrement restaurées qui rendent enfin justice à l’esthétique si particulière de ce cinéaste plasticien d’origine polonaise. Un coffret qui bénéficie, en outre, de nombreux suppléments ainsi que de deux livres inédits pour éclairer cette filmographie sulfureuse et inclassable.

Cliquez ici pour voir les premières minutes du film.

Haut de la page d’accueil

UN SAC DE BILLES de Christian Duguay (2017)

Affiche du film Un sac de billes
De 1943 à 1944, l’incroyable périple de deux enfants juifs livrés à eux-mêmes dans la France occupée.
En adaptant le livre autobiographique de Joseph Joffo, Christian Duguay offre une reconstitution plutôt convaincante des années d’occupation ainsi que le récit émouvant du destin d’une famille, privilégiant notamment le lien entre les deux jeunes frères qui se bonifie à mesure qu’ils progressent dans leur périlleux voyage.
Il faut dire que Dorian Le Clech et Batyste Fleurial font preuve, à l’image de leurs personnages, d’une complicité grandissante qui finit par emporter l’adhésion, faisant oublier le côté un peu cliché de certaines scènes – comme cette bataille de polochon se terminant dans une pluie de plumes – ainsi que quelques anachronismes langagiers.
Alors, même si le réalisateur de Jappeloup lorgne parfois du côté de l’esthétique « carte postale » pour illustrer son sujet, il a au moins le mérite de ne jamais perdre de vue le message d’espoir du romancier tout en remettant en lumière, sans complaisance, une époque (pas si éloignée de la nôtre) où le nationalisme, l’intolérance et les idées nauséeuses conduisirent aux pires atrocités.

Cliquez ici pour voir la bande annonce.

Haut de la page d’accueil

Previous Older Entries