MARSEILLE CONTRAT de Robert Parrish (1974)

Affiche du film Marseille contrat
Lassé de voir ses hommes disparaître en enquêtant sur un dangereux trafiquant de drogue marseillais, Ventura, un flic américain basé à Paris, décide de contourner la loi et d’utiliser les services d’un tueur à gages pour faire le ménage.
Sur un sujet classique, Robert Parrish avait de quoi réaliser un honorable polar, notamment grâce à la qualité de sa distribution : Michael Caine, Anthony Quinn, James Mason, Maurice Ronet et Marcel Bozzuffi. Mais, visiblement peu inspiré par une histoire dont on ne sait qui est le héros, le réalisateur se contente de mettre en boîte les différentes péripéties de façon mollassonne (à l’image de cette pétaradante poursuite entre une camionnette et une voiture de police) tout en sacrifiant aux clichés des productions anglo-saxonnes sur la France : Paris et sa tour Eiffel, Marseille et son Vieux-Port, un truand se faisant assommer contre un mur arborant les restes d’une affiche de Georges Marchais vantant les mérites de son livre Le défi démocratique
Coproduction franco-britannique, les acteurs français sont là uniquement pour s’entretuer (entre traîtres) et servir la soupe aux têtes d’affiche. Des trois stars, c’est Michael Caine qui s’en sort le mieux, tout en charme et en bons mots, dans un rôle de tueur qu’il maîtrise le doigt sur la gâchette. James Mason, fatigué ou peu concerné, semble s’ennuyer ferme. Quant à Anthony Quinn, il n’a quasiment rien à jouer. Son personnage de super flic se révélant même étrangement timoré dans ses rapports avec sa maîtresse (jouée par Alexandra Stewart) qui passe son temps… à l’éviter !
Heureusement que quelques séquences valent le détour par leur comique involontaire : lorsque Ventura vient informer sa maîtresse (qui veut absolument lui faire un café) de la mort de son mari, la réaction de la veuve vaut son pesant d’arabica : « J’vais faire du café » lui dit-elle en se barrant dans la cuisine.
Ridicule également, la course automobile et amoureuse sur un air de manège composé par Roy Budd que l’on a connu beaucoup plus inspiré sur La loi du milieu de Mike Hodges. Sans parler de la mort quasi systématique d’une grande partie des protagonistes une balle dans le dos…
Dans ce naufrage, autant artistique que public, ne reste que le fulgurant face à face entre Georges Beller et Michael Caine. Drôle et terriblement noire, cette scène fait regretter que tout le film n’ait pas bénéficié de cette efficace désinvolture.

Cliquez ici pour voir la course automobile et amoureuse.

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2 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. POULAIN
    Août 07, 2012 @ 18:06:23

    Vive le court métrage !

    Répondre

  2. Rétrolien: GOLDENEYE de Martin Campbell (1995) | Cinéluctable

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